Le beau et le vrai

L’INTRODUCTION AVANT L’INTRODUCTION

J’avais envie de t’écrire, à toi, aujourd’hui, avant d’aller au travail. Tu remarqueras, j’écris toujours de la même maudite façon. Je vais commencer avec une anecdote qui s’est passé quelque part sur la plage horaire de ma vie, pour piquer ta curiosité (ou pas), je vais rentrer dans le vif du sujet, et je vais te laisser avec une conclusion un peu sur le fly, parce que le travail n’attend pas, que les 6/49 du samedi soir se vendront pas tout seuls, parce que les gens attendent la fortune pour agir. Dans ce texte-là, je vais te parler un peu du magazine pour lequel j’ai besoin de ta candidature, mais plus spécifiquement, pourquoi j’ai besoin de ta candidature à toi. Prends note, si tu n’as pas besoin de savoir mes états d’âme, tu peux passer tout de suite à la section : DÉVELOPPEMENT. Je t’en voudrai pas, promis.

L’INTRODUCTION

J’ai lâché mes études en art au CÉGEP prématurément, d’une part parce que dans ma jeunesse, j’étais lâche, et d’une autre parce que j’avais de la misère à vivre avec moi-même. On a, tous et chacun(e), une passe rebelle où on accumule les bouteilles de bière, où on est sur la go, où on pense qu’il faut apprendre des vieux drunk accoudés au comptoir des bars miteux avant d’apprendre qui on est, nous. Pour te faire une histoire courte, lâcher mes études, c’est mon pire regret à vie, parce que la vie coûte cher, et que j’ai pu un sou pour étudier. Ceci étant dit, depuis que ma copine étudie dans le même programme qui m’a déjà couvert, j’essaie le plus possible de m’impliquer, ne serait-ce qu’en tant que public. Je couraille leurs vernissages, leurs pièces, leurs films, leurs textes et leurs analyses, je m’en abreuve, je pourrais pas te dire si c’est pour nourrir mon désir masochiste de me dire que je pourrais y être moi aussi, mais chose certaine, j’y prends plaisir. Peut-être parce que je me sens plus proche de ce qu’ils deviennent que de ce que d’autres sont devenus, bien avant toi, moi, et les autres.

En parallèle à l’époque où j’étudiais, mais aussi en parallèle à l’époque où je buvais comme un trou, j’ai fait équipe avec des étudiants, avec des passionnés, de tous les âges et de tous les coins du Québec, et on a fondé une revue, j’ai nommé Le Sexe Abstrait. Le but premier, c’était de promouvoir l’art indépendant de la relève. J’ai pas besoin de te dire que ça enfle la tête d’un tout nouvel adulte, ça, de posséder un magazine. Et ça a donné ce que ça avait à donner. Parfois de façon un peu maladroite, je vous l’accorde, mais c’était là quand même. Puis, au cinquième numéro, on a senti qu’on avait prouvé ce que l’on avait à prouver, et on l’a arrêté. Net, sec, frette.

LE DÉVELOPPEMENT

La raison qui me pousse, et qui pousse, je suppose, le comité de sélection, à embarquer dans l’aventure de nouveau, c’est qu’il reste des choses à dire, des choses à prouver, et qu’à réfléchir pendant deux ans, on apprend de nos erreurs passées. Le slogan de cette renaissance, c’est après le beau, le vrai. Faire fi de l’emballage, faire fi de la sélection d’un public cible, faire fi de faire plaisir pour présenter un véritable portrait de cet art qui n’a pas sa place sur des tribunes traditionnelles. Parce que les artistes présents sur ce portrait débutent, parce que les artistes présents sur ce portrait agissent dans l’ombre. Parce que. Parce que. Trouvez-vous les raisons qui vous semblent justes et rajoutez-les ici.

Le Sexe Abstrait, dans ce sixième numéro, veut dresser un portrait de créateurs, d’intervenants. Il se veut plus qu’un catalogue, il se veut un manifeste allant dans tous les sens, un testament écrit beaucoup trop à l’avance. Il se veut le visage du vrai. De ces gens qui se lèvent, qui réussissent. De ces gens qui se lèvent, qui travaillent dans un Tim Horton et qui peignent le soir. De ces gens qui enseignent l’art et le transmettent. Ça, c’est de quoi ça aura l’air. C’est la ligne directrice qu’on s’engage à suivre.

Pourquoi toi ? Tu es un étudiant ? Tu n’es pas un étudiant ? Tu écris pour le plaisir ? Tu enseignes ? Pourquoi toi ? Parce qu’on cherche la passion. La passion qui est belle, sans filtre. On veut entendre ta voix. On veut t’entendre gémir, crier, pleurer, parler, philosopher. On veut entendre tous ces sons, on veut voir toutes ces formes qui te bâtissent, qui te promènes, qui te chamboule. Parce que nous, on en a quelque chose à battre, parce qu’on veut te placer mille porte-voix pour que tout le monde t’entende. Et l’histoire nous a montré que c’est en gang que la voix porte.

Moi, tout ce que j’ai à te dire, c’est que tu n’y perds rien. Tu perds rien à nous envoyer ce que tu fais. Sans te censurer, sans t’imposer de thème. Rien. On ne veut pas t’altérer dans ce que tu crées. Moi, tout ce que j’ai à te dire, c’est que ce ne sera pas nécessairement beau, mais ce sera vrai. Du vrai, le monde en manque cruellement. Et c’est ta tâche, c’est la mienne, c’est la nôtre, de mettre du vrai dans l’air. Moi, tout ce que j’ai à te dire, c’est que je t’admire. Je t’admire de faire ce que tu fais. Que ça soit beau ou laid, que ça choque ou non. C’est du vrai quand même. Tout ce que j’ai à te dire, c’est que parce que je t’admire, je vais tout faire pour qu’on entende ce que tu veux dire.

LA CONCLUSION

Quand j’étais plus jeune, j’ai eu l’immense privilège de participer à une soirée de lecture. C’était sur une soirée de lecture du festival Dans ta tête, piloté par Catherine Cormier-Larose. C’était Stéphane Larue qui m’avait mis sur la setlist. J’ai lu avec du monde que j’admirais cent-mille à l’heure pas de break. Je l’ai remercié je sais pas combien de fois de m’avoir installé là. Et il m’a dit quelque chose comme faut commencer quelque part, quelqu’un l’a déjà fait pour moi, je le fais pour quelqu’un d’autre, un moment donné, tu le feras pour quelqu’un d’autre. C’était peut-être pas exactement comme ça qu’il l’a dit, mais c’est ce que ça voulait dire. J’ai envie de le faire pour toi. Et que toi, éventuellement, tu le fasses pour quelqu’un d’autre. Que tu le fasses pour le plus de personnes possible. Ça donne espoir. Et de l’espoir, dans le monde artistique d’aujourd’hui, il en faut beaucoup. Beaucoup d’espoir, et beaucoup de gens qui croient en nous. C’est beau, mais surtout, c’est vrai.

Dans le cas où tu es intéressé(e), que tu as une question, tu peux nous rejoindre au riverandall@gmail.com .

Ce que l’on a besoin de toi, dans le cas où participer t’intéresse :

POUR LES AUTEURS / POÈTES / NOVELLISTES

Un texte, maximum 10 pages 8 et demi par 11 dans un format .doc, une courte biographie, une photo de ta bette.

POUR LES ARTISTES EN ARTS VISUELS

Un échantillon de 4 oeuvres, un texte sur ta démarche de création, une courte biographie, une photo de ta bette.

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